Situation climatique...

Nous le rappellons encore et toujours : le GIEC préconise que l'augmentation de température ne dépasse pas les 2° par rapport à la situation actuelle, parce que les conséquences pourraient alors devenir catastrophiques. Un chiffre pour appuyer ce propos : entre la dernière ère glaciaire et aujourd'hui, il n'y a que 5° de différence en moyenne sur l'ensemble du globe. Sauf que la période est différente : plus de 10 000 ans de l'ère glaciaire à aujourd'hui, et 150 ans pour l'augmentation que nous allons subir.

Afin de limiter le réchauffement climatique, il faut limiter les émissions de gaz à effet de serre. Le CO2 est le principal visé par toutes les mesures. Il apparaît dès qu'on brûle quelque chose : pétrole, bois, pneus devant les usines... Les taux de CO2 n'ont jamais été aussi élevés qu'aujourd'hui. Et tous les principaux modèles montrent que l'homme n'est pas étranger à cette augmentation.

Captage et stockage du CO2

Une des situations envisagées, devant l'urgence du changement (il faut arriver à baisser les émissions à l'horizon 2020 !), est de captager le CO2 directement à la sortie des usines, et de le stocker en profondeur. Grâce à des procédés chimiques, qu'on place dans les cheminées des usines, on peut réussir à séparer le CO2 du reste. Le CO2 ainsi séparé va être comprimé, et placé dans un état super critique. Dans cet état, il prend beaucoup moins de place que le gaz.

Ensuite, l'idée est de le balancer dans un pipeline, et de l'injecter à fond dans une poche géologique, assez profonde (plus de 400 mètres de profondeur). Le BRGM et d'autres instituts publics vérifient grâce à de nombreux travaux que les poches sont étanches, et qu'il n'y a pas de risques de fuites de CO2, qui auraient pour conséquences :

  • Peut-être de tuer, parce qu'une concentration trop forte en CO2 est mortelle (exemple du lac Nyos)
  • De rendre inutile tous les efforts faits pour le piéger

Avantages du CSC

  • On permet d'éviter des concentrations trop fortes en CO2 dans l'air, et donc d'éviter de dépasser les 2° d'augmentation de température
  • On peut continuer à produire du verre, du ciment, etc. On ne connaît pas d'autres moyens de les produire, sans émettre du CO2 en quantités importantes
  • On pourra éviter que la Chine, ou l'Inde, qui ont les fesses sur des quantités impressionnantes de charbon, n'émette tout le CO2 dans l'air.

Inconvénients du CSC

  • L'argent dépensé dans ces technologies ne l'est pas dans les énergies propres, dans les réductions de consommation ou l'efficacité énergétique
  • On continue de produire des saletés, même si on peut les cacher sous le tapis. On continue d'enrichir l'héritage d'ordures qu'on laissera aux enfants du 21e et 22e siècle.
  • La technologie n'est même pas certaine d'être viable économiquement assez rapidement pour améliorer substantiellement les émissions
  • Les risques de fuite ne sont pas totalement maîtrisées
  • Légitimer cette technologie donne droit aux entreprises polluantes de continuer à polluer, et ne les oblige pas à chercher de nouveaux procédés innovants plus propres
  • Stocker le CO2... coûte cher en énergie ! Il faut brûler plus de charbon pour stocker le CO2. Finalement, on produit encore plus de CO2 pour en stocker une partie...

Conclusion

Beaucoup de choses restent à dire sur cette technologie. Je continuerai prochainement en parlant des projets existants en la matière. Il est nécessaire maintenant que tous les partis politiques se positionnent sur cette technologie, et osent affirmer leur opposition ou leur soutien à cette technologie.

A lire :
L'avis de Jean-Marc Jancovici. Si vous ne connaissez pas son site, c'est juste une mine d'or en économie de l'environnement. J'ai déjà eu l'occasion de l'avoir au téléphone, et il est en plus très sympathique. Je regrette de ne pas avoir pu travailler avec lui.