Allô Maman, ici futur-président !

Tiens, je n'avais pas lu le billet de Némo que je commençais déjà mon billet par un "Maman, maman, c'est quoi la politique ?". Je vois que c'est sûrement la première phrase commune à nous tous, qui nous intéressons aujourd'hui à la vie politique française ou internationale. J'ai moi-même posé la question, un jour, naïvement...

"- Maman maman, c'est quoi la gauche, c'est quoi la droite ?

- En gros... En gros, la gauche, elle préfère augmenter les impôts pour les riches, puis redonne aux pauvres. La droite préfère diminuer les impôts et permettre aux riches d'utiliser leur argent pour créer plus d'emploi pour les pauvres."

Je pense que cette explication touche du doigt quelque chose de crucial. Elle introduit le rôle de l'Etat, du gouvernement, dans la société collective des hommes.

Depuis, j'ai eu l'occasion d'étudier (un peu), de lire (toujours un peu), et d'analyser ce qui se passait devant moi. Beaucoup de notions sont encore floues à mes yeux, et ma bibliographie n'est pas encore assez étoffée pour espérer toucher du doigt les bonnes théories économico-politiques. Mais voilà ma vision du schmilblick.

Le juge économiste

Je pense qu'être de droite, c'est vouloir laisser faire le "système économique". Tous ceux d'entre nous qui ont eu des cours d'économie ont vu la courbe d'équilibre entre offre et demande. Hop, une courbe qui monte, l'autre qui descend, un point de croisement qui est l'équilibre qui sera atteint pour déterminer le prix du produit.

Eh bien, être de droite, c'est penser que l'équilibre formé par ces deux courbes économiques est l'équilibre juste, parce qu'il est par définition le "plus rentable" (celui qui a le moins de perte de valeurs). De plus, il évite de par sa propre nature la corruption, les arrangements entre amis, etc. En effet, dans une concurrence pure et parfaite, propre à de nombreux domaines économique, chaque atome est trop peu faible pour agir sur l'équilibre formé par les autres. L'équilibre économique est plus fort que l'humain, et la perversion n'est donc plus possible. En laissant modérer une entité abstraite, "l'économie", on rend indépendants de toute volonté humaine les transferts d'argents, et on se garantit donc une égalité de traitement envers tous les hommes.

Dans cette idéologie, en ajoutant l'Etat, les impôts, les régulations, la nationalisation, on rajoute autant de conflits d'intérêts humains. On permet à l'homme d'agir sur les équilibres, et donc de créer les inégalités. Ainsi apparaissent corruption, faits du prince, et autres magouilles bien de chez nous.

La loi du plus fort

Seulement, l'argent est une notion inter-générationnelle. Chez les animaux, le chef de tribu qui a les plus grosses griffes ne pourra pas forcément léguer ce don à ses enfants. L'Homme qui aura gagné de l'argent, lui, pourra le transmettre à ses descendants. Nous ne naissons donc pas tous égaux face à l'équilibre économique, et c'est ce qui le dérègle.

Pour tenter d'aplanir ces inégalités face à un équilibre qu'elle accepte aussi, la gauche va effectivement tenter de réguler, et d'imposer l'Etat comme maître du point d'équilibre économique : redistribution des richesses, création ou gestion d'atomes économiques (entreprises publiques, monopoles), etc.

Seulement, la création de taxes, quelles qu'elles soient, entraîne une perte nette de richesse (Cf cours d'introduction à l'économie de n'importe quelle école). Trop réguler devient donc nécessairement mauvais pour la richesse globale du pays.

Maman, c'est quoi le mieux ?

Finalement, le problème est de taille ; il faudra toujours des investisseurs, donc des plus riches, pour permettre la création de travail et de richesses. Il faudra donc des moins riches, qui ne peuvent pas investir et "serviront" donc de travail aux plus riches. Le point économique pourra toujours être atteint, mais il redistribuera l'argent vers les investisseurs, et non vers les travailleurs.

Tout l'enjeu, de la gauche comme de la droite, est de toucher cet équilibre sans pour autant délaisser l'une ou l'autre des deux populations.

A qui le tour ?

Dans le jeu des tags, j'aimerais bien avoir des contributions de Serge Brière et d'Orange Sanguine, qui ont déjà eu l'occasion de commenter certains de mes billets. Ah, et tiens, j'aimerais bien avoir un avis d'Orange Pressé aussi. A vous de jouer ! (Qui osera taguer Quindi ?)