Etre ou ne pas être de droite ?
Ecrit le le vendredi 17 juillet 2009, 16:50 - Lien permanent
Je suis tombé sur un début de chaîne sur la question "qu'est-ce que la droite ?". Le premier billet aperçu à ce sujet est celui de Vincent15, puis j'ai lu celui de l'hérétique, qui avait lui-même lu celui de Némo.
Finalement, Vincent15 m'a tagué, je suis donc officiellement légitime pour écrire ce billet ! 
Allô Maman, ici futur-président !
Tiens, je n'avais pas lu le billet de Némo que je commençais déjà mon billet par un "Maman, maman, c'est quoi la politique ?". Je vois que c'est sûrement la première phrase commune à nous tous, qui nous intéressons aujourd'hui à la vie politique française ou internationale. J'ai moi-même posé la question, un jour, naïvement...
"- Maman maman, c'est quoi la gauche, c'est quoi la droite ?
- En gros... En gros, la gauche, elle préfère augmenter les impôts pour les riches, puis redonne aux pauvres. La droite préfère diminuer les impôts et permettre aux riches d'utiliser leur argent pour créer plus d'emploi pour les pauvres."
Je pense que cette explication touche du doigt quelque chose de crucial. Elle introduit le rôle de l'Etat, du gouvernement, dans la société collective des hommes.
Depuis, j'ai eu l'occasion d'étudier (un peu), de lire (toujours un peu), et d'analyser ce qui se passait devant moi. Beaucoup de notions sont encore floues à mes yeux, et ma bibliographie n'est pas encore assez étoffée pour espérer toucher du doigt les bonnes théories économico-politiques. Mais voilà ma vision du schmilblick.
Le juge économiste
Je pense qu'être de droite, c'est vouloir laisser faire le "système économique". Tous ceux d'entre nous qui ont eu des cours d'économie ont vu la courbe d'équilibre entre offre et demande. Hop, une courbe qui monte, l'autre qui descend, un point de croisement qui est l'équilibre qui sera atteint pour déterminer le prix du produit.
Eh bien, être de droite, c'est penser que l'équilibre formé par ces deux courbes économiques est l'équilibre juste, parce qu'il est par définition le "plus rentable" (celui qui a le moins de perte de valeurs). De plus, il évite de par sa propre nature la corruption, les arrangements entre amis, etc. En effet, dans une concurrence pure et parfaite, propre à de nombreux domaines économique, chaque atome est trop peu faible pour agir sur l'équilibre formé par les autres. L'équilibre économique est plus fort que l'humain, et la perversion n'est donc plus possible. En laissant modérer une entité abstraite, "l'économie", on rend indépendants de toute volonté humaine les transferts d'argents, et on se garantit donc une égalité de traitement envers tous les hommes.
Dans cette idéologie, en ajoutant l'Etat, les impôts, les régulations, la nationalisation, on rajoute autant de conflits d'intérêts humains. On permet à l'homme d'agir sur les équilibres, et donc de créer les inégalités. Ainsi apparaissent corruption, faits du prince, et autres magouilles bien de chez nous.
La loi du plus fort
Seulement, l'argent est une notion inter-générationnelle. Chez les animaux, le chef de tribu qui a les plus grosses griffes ne pourra pas forcément léguer ce don à ses enfants. L'Homme qui aura gagné de l'argent, lui, pourra le transmettre à ses descendants. Nous ne naissons donc pas tous égaux face à l'équilibre économique, et c'est ce qui le dérègle.
Pour tenter d'aplanir ces inégalités face à un équilibre qu'elle accepte aussi, la gauche va effectivement tenter de réguler, et d'imposer l'Etat comme maître du point d'équilibre économique : redistribution des richesses, création ou gestion d'atomes économiques (entreprises publiques, monopoles), etc.
Seulement, la création de taxes, quelles qu'elles soient, entraîne une perte nette de richesse (Cf cours d'introduction à l'économie de n'importe quelle école). Trop réguler devient donc nécessairement mauvais pour la richesse globale du pays.
Maman, c'est quoi le mieux ?
Finalement, le problème est de taille ; il faudra toujours des investisseurs, donc des plus riches, pour permettre la création de travail et de richesses. Il faudra donc des moins riches, qui ne peuvent pas investir et "serviront" donc de travail aux plus riches. Le point économique pourra toujours être atteint, mais il redistribuera l'argent vers les investisseurs, et non vers les travailleurs.
Tout l'enjeu, de la gauche comme de la droite, est de toucher cet équilibre sans pour autant délaisser l'une ou l'autre des deux populations.
A qui le tour ?
Dans le jeu des tags, j'aimerais bien avoir des contributions de Serge Brière et d'Orange Sanguine, qui ont déjà eu l'occasion de commenter certains de mes billets. Ah, et tiens, j'aimerais bien avoir un avis d'Orange Pressé aussi. A vous de jouer ! (Qui osera taguer Quindi ?)

Commentaires
Et ben je vais essayer de plancher !
Personnellement, je n'ai pas tagué Arnaud car j'avais dit "faire simple" (Arnaud, si tu me lis, c'est une boutade!)
En ce qui concerne ce billet, j'aurais deux remarques:
- Il est dommage de réduire l'opposition politique à sa dimension économique
- Le libéralisme (qui prône une régulation mesurée de l'Etat dans tous les domaines de la vie) n'est pas ce qui distingue gauche et droite à mon sens d'autant qu'il existe bien des conservateurs et autres tenants d'un Etat fort à droite (gaullisme, nationalisme, etc.)
- Si je réduis l'opposition politique à la dimension économique, c'est qu'il est bien plus difficile de voir une opposition sur les autres sujets. Du moins entre le PS et l'UMP, sans aller évoquer les extrêmes, il y a des sujets sur lesquels on ne peut pas les différencier outre-mesure : l'Europe, par exemple. Autre exemple : les musées gratuits pour les moins de 25 ans. C'est une idée d'Albanel, ça aurait pu en être une de la gauche. Si j'ose dire : etc.
- C'est vrai que mon idée ne peut pas trier tous les partis, et que j'aurais bien du mal à expliquer pourquoi le gaullisme est de droite. Sûrement une notion de "pouvoir" qui est différente, aussi... Mais il faut savoir la cerner précisément.
Personnellement j'ai beaucoup aimé ton billet, Olibé, et rester sur le plan économique permet de donner une explication imagée, graphique, évidente ! Merci de cette belle démonstration.
Amicalement.
PS : (heu, jeu de mot involontaire) je pense que le gaullisme est tout autant régi par le pouvoir de l'argent facile, celui qui se transmet par héritage et qui a de ce fait besoin de "ses pauvres" pour faire la... charité !
@Françoise Boulanger
Merci pour ce commentaire fort sympathique !
@ Olibé "j'aurais bien du mal à expliquer pourquoi le gaullisme est de droite" et Françoise "je pense que le gaullisme est tout autant régi par le pouvoir de l'argent facile, celui qui se transmet par héritage et qui a de ce fait besoin de "ses pauvres" pour faire la... charité !"
Mon Dieu, quelle hérésie ! je crois qu'il y a erreur sur la nature du Gaullisme.
D'abord, De Gaulle disait "je n'aime pas les communistes parce qu'ils ont communistes. Je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes. Et je n'aime pas les miens par ce qu'ils aiment l'argent".
C'est aux gaullistes que l'on doit en grande partie le Conseil National de la Résistance et son fameux programme appliqué à la Libération (Secu, Retraite, grandes entreprises publiques...). Les gaullistes ont sévèrement puni les grands capitalistes français qui avaient collaboré avec l'Allemagne nazie (Louis Renault).
Les Gaullistes étaient des citoyens venus de tous horizons politiques déjà, et 1/3 venaient de Gauche.
Dans les gouvernements de De Gaulle (après 1958), il y a avait des socialistes, des radicaux, des modérés et des DROITIERS); Principe de la Vème République que beaucoup n'ont pas encore intégrée au MODem : pour gouverner, il faut une majorité et pour avoir une majorité, il faut des alliances. c'est donc vers le centre-droit(RI de Giscard) et la Droite qu'il se tourna car la Gauche contestait les nouvelles institutions (le coup d'Etat permanent de Mittérand par exemple).
Le Gaullisme, c'est De Gaulle. tous ceux qui sont passés après comme Chirac et Sarkozy, font de la récupération politique pour glaner quelques voix. D'ailleurs au second tour de 2007, les gaullistes-sociaux ont appelé à voter pour Ségolène. Tous les compagnons de route de De Gaulle ont été écartés dans les partis qui ont succédé à l'UDR (RPR puis UMP). Chirac a mais au placard tous les "barons"...d'ailleurs Chirac n'était pas de Droite, c'était un rad-soc (pour ça qu'il y a un paquet de réforme qu'il n'a jamais voulu faire...)
De Gaulle voulait la participation dans les entreprises par exemple mais la droite libérale qui soutenait Pompidou lui a toujours refusé. on lui doit aussi la 4ème semaine de congés payés...
Faut réviser ces classique Françoise
A Orange Sanguine... Cela vaut la peine de provoquer quelquefois avec malice lorsque l'on peut avoir en retour une telle plaidoirie !
Merci de tout coeur de ces précisions.
D'abord, en général, mes amis Démocrates, ils disent que c'est moi la provocatrice !!!
Oui, le Gaullisme, c'est comme l'humour, je suis tombée dedans quand j'étais petite !
((Et moi suis très content de provoquer des commentaires de qualité, et de nombreux intervenants ! Je vais continuer à faire des billets incomplets :p))
@Orange Sanguine
Alors, pourquoi le GdG est considéré de droite ? Parce que son parti est devenu de droite après ? Parce qu'il est militaire ? Parce qu'il a une politique militaire plus affirmée que d'autres ?
Je suis né bien trop tard pour avoir connu les trois premiers présidents de la 5e...
D'abord, si l'UDR regroupaient les gaullistes, De Gaulle n'était pas un chef de parti et d'ailleurs, il détestait les partis politiques. C'est pour ça qu'il a fait l'élection du président au suffrage universel direct.
Il a reçu une éducation de droite (d'avant et pas celle d'aujourd'hui...je reflêchis à votre tag) , je dirai même monarchiste et a été à l'école des Jésuites (et oui, c'était avant les lois de séparation de l'Etat et de l'Eglise de 1905) donc De Gaulle, c'est plutôt un monarchiste-républicain d'où les institutions actuelles !
Forcément, né en 1890, pendant mai 68, il était plutôt vu comme un conservateur ce qui est un petit peu, juste à peine, enfin pas grand chose, vrai. Et puis, il allait à l'église et la famille c'était sacré (tiens, ça me rappelle quelqu'un...).
Un saint homme et un sacré visionnaire; A si Giscard ne l'avait pas trahi sur le référendum en 1969, il y a belle lurette qu'on aurait de grandes régions pou rivaliser en Europe !
Et puis quand on est jeune, rien n'empêche de bien écouter son prof en cours d'histoire au collège et au lycée, de poser des questions et de lire un peu ses manuels.
Ou alors, je vais écrire "le Gaullisme pour les nuls" mais sur ce sujet, il y a déjà des milliers de bouquins. A lire absolument ses mémoires car De Gaulle racontait par De Gaulle, ce n'est plus de la littérature, c'est du grand art !!!
Précision par ce que j'ai pas répondu à toute la question :"Parce qu'il a une politique militaire plus affirmée que d'autres ?"...s apolitique militaire s'inscrit d'abord dans le contexte de l'époque de guerre froide et sa volonté d'une France Indépendante des Etats-Unis en matière de défense du territoire.
il faut savoir se donner les moyens de son ambition, un peu comme pour le MoDem
Désolé, je continue à squatter votre (ou ton ?) blog, à faire de la pub pour De Gaulle et surtout pour notre blog.
On avez publié ça :
http://orangesanguine.over-blog.com...
et surtout ça:
http://orangesanguine.over-blog.com...
Osons le ton !
Merci pour toutes les précisions gaulliennes ! Vais devenir un spécialiste maintenant. :p
Merci pour les liens, je regarderai ça attentivement