Résultats du sondage

L'affaire avait fait grand bruit. Tous les médias s'en étaient emparés, bien contents d'avoir des choses à dire après les résultats des élections européennes : articles sur le Figaro, Libération, Nouvel Obs, etc. La lettre ouverte des Promoteurs cherchait à réclamer que les statuts soient réellement appliqués : nomination de secrétaires nationaux, refondation du groupe des stratégies numériques, ou autres.

Après un CN dont les décisions ont été très claires (9 points très précis), et où l'accent à été mis sur l'organisation interne du parti, la question était de savoir si l'initiative des Promoteurs devait s'arrêter là, bien contente d'avoir permis ces résultats, ou continuer l'aventure.

Le sondage a été très clair : La majorité des répondants, 72% des 177, souhaite que l'initiative continue. Plus de 90% ont trouvé l'action des promoteurs efficace.

Christophe Ginisty propose ainsi que le site continue de vivre, au moins jusqu'au congrès programmatique de l'automne prochain. On y trouvera notamment des témoignages d'initiatives locales ou plus globales, sur des points qui marchent, et d'autres qui marchent moins. Le but de ces articles serait de trouver comment faire pour améliorer l'efficacité des structures du parti.

Il semble que les Promoteurs deviennent finalement un "groupe indépendant de contrôle de l'application des statuts par les dirigeants du parti".

Vers un Manuel Valls 2 ?

En parallèle de l'histoire du MoDem, une autre affaire interne secoue l'actualité politique : Manuel Valls, du parti socialiste, proclame depuis plusieurs semaines qu'il est temps de rénover en profondeur le parti, en allant même jusqu'à proposer un changement de nom, un changement de valeur. A coups de lettres ouvertes à Martine Aubry, qui répond également par lettres ouvertes, toute l'attention des médias se porte sur ces rivalités internes au parti. Valls, confiant, assure que "personne n'a été renvoyé du parti pour avoir eu des opinions différentes", et se voit déjà candidat socialiste aux présidentielles 2012.

Pendant ce temps-là, personne n'a de visibilité sur le programme et les valeurs du parti socialiste. On a encore et toujours plus la sensation d'un parti divisé, en pleine route vers une implosion programmée.

Les situations du PS et du MoDem sont différentes. L'un, le Parti Socialiste, accepte et assume d'avoir plusieurs courants idéologiques internes : on retrouve les fabiusiens, les strauss-kahniens, les royalistes, etc. Les divisions sont donc monnaie courante, et il est rare d'évoquer un socialiste sans le placer sous l'étiquette du dirigeant qu'il soutient. Le parti n'apparaît donc pas uni aux yeux des citoyens, et cette mauvaise visibilité leur cause de graves soucis depuis de nombreuses élections (depuis Mitterrand ?).

Au MoDem, il n'y a pas de courant, ou du moins ne sont-ils pas le sujet principal des discussions, ou alors pas assumés sur la place publique. Il est très naturel de soutenir l'action de François Bayrou, dont la sagesse et la réflexion permettent de fédérer bien des personnes qui ont l'espoir d'un monde et d'une France plus propres. Aucune voix ne s'est élevée contre lui après le score décevant des européennes, et personne ne cherche à lui ravir sa place de président du parti.

Les Promoteurs ont été médiatisés une fois : attention cependant à ne pas trop prendre la parole, à ne pas trop accaparer les médias, et surtout à ne pas créer un courant qui serait dévastateur pour l'image unitaire du Mouvement Démocrate. L'enjeu est et reste de créer et de construire ensemble, d'aller de l'avant, et donc de pointer les bonnes choses tout en conseillant des modifications. Il ne s'agit pas de critiquer, mais d'améliorer. C'est le rôle des dirigeants, certes, mais aussi celui de chacun des cadres du parti, que ce soit au niveau communal, départemental, régional, ou national.

En résumé, les promoteurs devront prendre conscience à chaque instant que leur combat pourrait être instrumentalisé en forces négatives, et réutilisées par les forces contestataires pour asseoir un mauvais climat général. L'attention devra donc être portée sur le message porté, et ne pas se poser - volontairement ou involontairement - en ennemi à abattre.